| -HYPER[text]URE |
![]() |
" The medium is the message " McLuhan, à travers ses écrits, propose une approche fondée sur les innovations technologiques comme base du processus de civilisation. La technologie nest pas considérée comme un objet étranger à nous même, mais comme une extension faisant intégralement partie de notre appareil sensitif et déterminant non seulement les modes de communication mais aussi la manière de percevoir et de comprendre notre environnement. Les innovations technologiques, comme extensions des capacités et des sens humains reconfigurent la société qui a créé ces mêmes technologies. McLuhan a en particulier étudié le médium imprimé, le livre, ainsi que le médium électrique, le télégraphe, pour montrer limplication des technologies de la communication sur la structuration de la pensée dans la société moderne. " Limpression était la première mécanisation dun artisanat complexe ; en créant une séquence analytique de processus pas à pas, elle est devenue le modèle de toute forme de mécanisation ultérieure. La qualité la plus importante de limpression est la reproductibilité, elle est un exemple visuel de tout ce qui peut être produit à linfini et la reproductibilité est la racine de tout principe de mécanisation qui a transformé le monde après Gutenberg. La typographie, en produisant la première unité uniforme et reproductible, a aussi créé Henri Ford, la première chaîne dassemblage et la première production de masse. Limpression est devenue archétype et prototype pour tout développement industriel qui la suivit. Sans lalphabet phonétique et la presse imprimée, lindustrialisation moderne aurait été impossible. Il est nécessaire de reconnaître que lalphabétisation ainsi que la technologie typographique nont pas uniquement influencé les procédures de production et de marketing, mais aussi tous les autres domaines de la vie ; de léducation à la planification urbaine |
| Lâge
de limpression, qui a prédominé approximativement de 1500 à 1900, dont la mort a
été annoncée lors de lapparition du télégraphe, le premier des média
électrique, a reçu de nouvelles obsèques, célébrées au début de notre siècle par
la perception de " la courbure de lespace " et la mathématique
non Euclidienne ; deux idées qui ravivèrent les concepts de lespace- temps
discontinus de la société tribale --et que même Spengler a vaguement perçu comme
le son du glas des valeurs littéraires occidentales. " [Marshall McLuhan 1969] Les différentes technologies de la communication ne sont plus considérées comme des supports insignifiants, mais comme un médium qui, abstraction faite du message spécifique, communique un contenu propre. La signification du message nest pas fondée uniquement dans les intentions de lauteur, mais dépend dune métaconstruction qui, indépendamment des intentionnalités subjectives, détermine le champ de la communication. " Lhypertexte est un système dorganisation des données et un mode de pensée " [Theodor H. Nelson 1981] Le rapprochement de la citation de Theodor Nelson dans literary machines, inventeur du mot " hypertexte ", à la citation de McLuhan renforce lidée que les différentes formes de communication sont liées à une structure propre transmettant, préalablement au message spécifique, une pensée propre. Nelson donne également aux nouvelles technologies de la communication et de l'information une importance fondamentale dans la structuration de notre pensée. Lécriture électronique est une réponse directe aux forces et aux faiblesses du livre imprimé. Elle a des implications profondes sur la littérature, léducation et la politique. " Linformatique ,et les autres transformations dans les médias, ont détruit la puissance du modèle linéaire et du livre comme paradigme culturel dominant. Derrida déclare : " la fin de lécriture linéaire est en effet la fin du livre." " [George P.Landow 1992] La révolution numérique, succédant à la révolution de lécriture, transforme radicalement nos modes de communication. La transition dune conception hiérarchique des relations en systèmes fragmentaires en interaction (réseau), questionne lensemble des pratiques sociales et leur spatialisation. Par conséquent, le passage du texte à lhypertexte, dune technologie analogique à une technologie digitale peut être associé à la transposition dune société industrielle à une société postindustrielle, dune modernité à une transmodernité. " Enraciné dans les notions de métamorphoses, le préfixe trans signifie une condition de changement qui, malgré une évolution à partir de sources familières, atteint rapidement une identité différente de ces sources. " [Marcos Novak 1997] En conséquence la pensée structuraliste se transforme en une pensée en systèmes, basée sur des modes dinteractions complexes à lintérieur dun médium hybride et digital restructurant notre environnement social et spatial.
Du Con[texte] à lHyper[texte] " La computation basée sur le texte nous provient avec des textes électroniques plutôt que physiques, ce changement de lencre au code électronique, que J.Baudrillard appelle le changement du tactile au digital, a produit une technologie de linformation qui combine fixité et flexibilité, ordre et accessibilité. " [George P.Landow 1992] Le modèle de lhypertexte est compris comme un support rassemblant des paramètres apparemment opposés, dont la combinaison produit une nouvelle synthèse, entre communication, technologie et espace. Lhypertexte comme modèle dune pensée réticulaire met en cause les formes classiques de la pensée basées sur les concepts de hiérarchie, linéarité, ordre, et transforme la perception et conception de notre environnement. Les technologies basées sur la communication et la computation de linformation influence lensemble des modèles dorganisation (modes de production, de travail et du savoir) et affecte les processus de communication (code, symbole ) et les relations collectives, ainsi que leur spatialisation. " Regardons comment une communauté se forme, qui nest plus une communauté de personnes vivant dans un même quartier, mais une communauté de personnes liées par la voiture, le téléphone, le-mail une communauté déconnectée, discontinue, mais néanmoins une communauté. Ainsi, cette idée de liaison sans hiérarchie, et liaison possédant une multitude de configurations possibles au même moment, peut être une manière productive de réfléchir aux modes de civilisation physique, qui tendent à se développer de manière dispersée, plutôt que sous la forme dune ville hiérarchique et concentrée. " [David Kolb 1997] Le rapprochement entre des modes de communication (lhypertexte) et des modèles spatiaux (la ville) questionne ainsi la mutation structurelle et sémantique de notre environnement. La comparaison de lhypertexte comme support polysémique de fragments dispersés et interconnectés, à des structures spatiales et sociales de la ville, nous permet de réfléchir aux possibles implications spatiales des nouvelles technologies de linformation. Lextrapolation des concepts de lhypertexte permet de concevoir de nouveaux concepts urbains, basés sur une nouvelle compréhension de la ville, de sa cohérence et de sa signification. Le projet " Liquid axis " met préalablement en question la structure urbaine, le médium, la ville dans sa métastructure. Le passage du texte à lhypertexte, comme mutation dun modèle figé en une structure ouverte et fluide, est associé dans le projet au changement de la ville, dune structure fixe à une situation liquide système. [De laxe Aristotelous à laxe liquide] " En correspondance au développement du texte, un médium linéaire, local et bi-dimensionnel, en un hypertexte, comme médium complexe, translocal et multidimensionnel, larchitecture est transcendée en une hypertecture. " Lélaboration du concept de " circuit " à lintérieur du projet urbain " Liquid axis ", est issu du rapprochement du modèle textuel, lhypertexte, à la matrice spatiale, lurbain. Linvestigation de lhypertexte, comme modèle structurel représente la recherche dune nouvelle syntaxe, fusionne le contexte culturel contemporain de lurbain avec la nouvelle perception de lurbain comme une condition temporelle et délocalisée.
Nelson définit son point de vue sur lhypertexte en ces termes : " il sagit dun concept unifié didées et de données interconnectées, et de la façon dont ces idées et ces données peuvent être éditées sur un écran dordinateur " Lhypertexte nous transpose de lespace physique et tactile du médium "imprimé ", à lespace digital de linformation. Dans le texte classique, le discours est figé dans la structure même du médium. Cest ainsi que le médium impose une structure préalable qui, dans le cas du livre, suit normalement lordre linéaire des pages. En dissociant lécrit de son support physique figé, les nouvelles technologies de linformation et de la communication libèrent le contenu de toute contrainte spatiale et temporelle. Le médium digital ne fige plus linformation dans un support matériel ; au contraire, il permet un accès permanent et direct à linformation afin de la modifier. Tout changement seffectue sans laisser de traces, cette particularité illustre la transformation du texte dun élément déterminé et figé en un élément temporel et évolutif. " Lécriture est toujours inscription, modification dune substance par une autre. Au contraire, lécriture digitale célèbre la perte dinscription en se débarrassant de toute trace " [Marcos Novak 1995] La dématérialisation de linformation en données transmissibles permet ainsi de lier des éléments dispersés sans "continuum physique " et de concevoir une nouvelle forme décriture - hypertexte. Dépourvu de support limité, et interconnecté dans un réseau, lhypertexte détermine un environnement de lecture et décriture qui invite le lecteur ainsi que lécrivain à rechercher la fluidité plutôt que les positions définitives. " Cest le lien électronique qui crée lhypertexte, une forme de textualité composée de blocs et de liens permettant des parcours de lecture multilinéaires en mettant en mouvement textes, lecteurs et écrivains dans un nouvel espace décriture ". [P.Landow 1992] Lhypertexte est un système dorganisation spatiale de données, composé de fragments multiples interconnectés et tissés dans un réseau à laide dhyperliens. Cest linterconnexion des textes entre eux qui définit le caractère intertextuel de lhypertexte dont la structure est autant déterminée par son contenu spécifique que par larchitecture invisible de ses liens. " Lintertextualité est un processus par lequel un texte est présent dans dautres, la manière dans laquelle les textes se réfèrent perpétuellement à dautres éléments dans lespace de production culturelle. " [Roland Barthes 1977] Lhypertexte comme mode de pensée se manifeste à travers la structure des liens, "lintertextualité ", la combinaison des fragments "la coexistence de la différence " et la génération dinteractions "simultanéité de possibilités ". Il est devenu un processus relationnel et une pensée en systèmes. Lintérêt porté au processus intertextuel est fondé dans sa possible transposition au modèle urbain. L "agora 2000 " marque à lintérieur du projet "Liquid axis " le passage dun lieu historique l "ancienne agora ", en un environnement interurbain. Dans le projet, lagora 2000 fusionne dans une même structure : une ancienne agora, linstabilité de la projection sur lécran géant et une plate-forme dévénements. Le pliage continu dune structure commune à travers les différents espaces-temps exploite les possibles interférences et joue sur la confusion entre les différentes significations attribuables à un lieu historique qui est confronté à la présence dune culture contemporaine et décontextualisée. Le projet interroge ainsi les mutations que ce modèle, fondé sur des paramètres dun contexte local spécifique, subit par rapport à lintroduction de variables génériques et globales.
Une architecture de linformation non linéaire. " La spécificité de lhypertexte est à rechercher dans labsence dun ordre hiérarchique institué qui structurerait le domaine préalablement à sa lecture et dans linvention de nouvelles formes discursives. " [P.Landow 1992] Le médium imprimé a généré une pensée rationnelle, fondée sur la structure figée dune logique linéaire, de cause à effet, de la thèse et lantithèse à la synthèse La particularité de lorganisation hypertextuelle de linformation est par contre fondée dans la possible absence de hiérarchie qui a structuré jusquà présent notre pensée. Lhypertexte est généré par lassemblage de fragments textuels indépendants, dont la continuité de lecture nest pas fondée sur lorganisation linéaire et figée de linformation, mais sur ses développements successifs dans le réseau. En conséquence, sa continuité dépend des multiples liaisons faites entre les fragments de textes, images, sons, animations La forme libre_ free form_de la technologie de linformation et en particulier de lhypertexte permet une variation illimitée de formes dorganisations des données et une combinaison illimitée de formes dexpression. A travers les différentes formes dinterconnexion - branchements, chaînes, suites... lhypertexte génère de multiples séquences de lecture. Il est pratiqué comme un espace non-linéaire, ou plutôt multilinéaire ou multiséquentiel, composé de fragments multiples interconnectés et tissés dans un réseau, à laide dhyperliens. Dans lespace de lhypertexte, chaque passage est un point dintersection dans lequel convergent des voies menant vers dautres fragments de texte. La multiplication des séquences de lecture et des entrées en jeu dans le même texte détruit la notion classique du texte ayant un début et une fin et le transposent en une variation indéterminée, configurée en permanence par rapport aux liens. Finalement, la totalité des voies menant vers les différents passages, les inclut tous, pour former la structure de base, le réseau. Le sens spécifique du texte dépend de la trajectoire que le lecteur empruntera. Il offre ainsi une nouvelle compréhension de lespace écrit, non plus dans une organisation prédéterminée et linéaire, mais dans une forme interactive et multilinéaire. " Les lecteurs, en se déplaçant à travers le réseau de textes, déplacent continuellement le centre de leur investigation et de leur expérience, et déforment ainsi les principes dorganisation du texte. En dautres mots, lhypertexte procure un système infiniment recentrable, dont le point focal dépend du lecteur, qui devient réellement actif. Une des caractéristiques fondamentales de lhypertexte est quil est composé de fragments de textes interconnectés dépourvus daxe primaire dorganisation. Tout système dhypertexte permet au lecteur individuel de choisir son propre centre dinvestigation et dexpérience. Ce principe signifie en pratique, que le lecteur nest pas figé dans une organisation ou une hiérarchie particulière. " [George P.Landow 1992] Cette citation introduit le statut du lecteur comme un élément actif de lhypertexte, non seulement dans la déconstruction permanente dune forme dorganisation figée, mais aussi comme un paramètre intervenant dans la structure temporelle du texte. Le déplacement libre du lecteur à travers les différents fragments est une variable qui transforme la structure figée du texte classique en une forme dynamique et multidirectionnelle. Le texte statique sest transformé en une forme fluide, liquide, dans laquelle lexistence de multiples combinaisons forme une structure rhizomatique. Les différents fragments sont entremêlés " intertwinedness " dans une structure spatio-temporelle, associant le réseau à un médium texturé. La texture est un terme qui en topographie, décrit le champ quadridimensionnel dun amas diffus et peut ainsi caractériser la structure entre-tissée de lhypertexte dans son aspect multilinéaire, multicouche et instable. " Le mot texte dérive originellement du mot latin pour tisser et pour un matériau entre-tissé, il sest avéré avoir une extraordinaire exactitude de signification dans le cas du développement de lécriture. Le lien dans le médium électronique est interactif, et permet damener instantanément des textes dans la même structure psychique. " [Michael Heim 1987] Lhypertexte est une nouvelle forme discursive remplaçant les systèmes basés sur les idées de centre, de hiérarchie et de linéarité sont remplacés par ceux de nuds multilinéaires, de liens et de réseau. La transposition de lidée dune architecture de linformation non linéaire dans le projet urbain " Liquid axis " questionne le rôle de laxe Aristotelous, comme générateur urbain. La structure linéaire de laxe et son organisation hiérarchique de lespace ont étés transgressés pour opérer non pas comme des outils de composition géométrique (symétrie, axialité), mais pour émerger comme générateur de zones et de champs texturés. Laxe comme système abstrait et représentatif est immergé dans un environnement multidirectionnel, composé de systèmes interconnectés -circuit-, formant un champ dactivité fluide. Cest ainsi que le projet propose une transformation de la signification représentative de laxe en signification hybride dune matrice translocale, entremêlant autant la spécificité du contexte que lenvironnement global digital.
Roland Barthes décrit ce type de texte "comme une galaxie de signifiants, et pas comme une structure de signifiés ; il na pas de début ; il est réversible ; on y accède par ses multiples entrées, dont aucune ne peut être déclarée comme étant la principale ; les codes quil mobilise sétendent aussi loin que possible, ils sont indéterminables ; Les systèmes de signification peuvent englober ces textes absolument pluraux, mais leur nombre nest jamais fermé, basé comme il lest sur linfinité du langage. " [Roland Barthes 1977] La décontextualisation des fragments est liée à leur dissociation de toute structure figée et matérielle et à leur transposition dans une structure fluide et transmissible, le réseau. Lhypertexte permet de concevoir le texte à travers des fragments, libérés de leur appartenance spécifique. En dautres mots, le lien électronique peut connecter instantanément des textes ou commentaires opposés, écrits par différents auteurs et provenant de sources variées. Les différents fragments textuels ne se définissent plus dans leur relation à un ensemble spécifique, mais dans leurs diverses interrelations formant un environnement hétérogène et fluide. Le lecteur, sans vision globale sur lensemble de la structure, interagit dans lespace limité du fragment et de ses diverses liaisons. Il est contraint à reconfigurer continuellement sa vision densemble à chacun de ses mouvements dans le réseau de textes. En conséquence le fragment devient de plus en plus une entité indépendante, autonome mais interconnectée. Lhypertexte est basé sur le processus de combinaisons multiples de fragments décontextualisés et constitue une nouvelle forme de discours, dune part en transformant la signification du fragment et dautre part en détruisant les formes classiques darticulation linguistique. Le réseau permet de lier des fragments décontextualisés et autonomes et introduit de nouvelles formes décriture, offrant la possibilité de se promener en boucles, de revenir, de sauter par-dessus certains textes indépendamment de leur fondement initial. De ce fait il se définit de plus en plus à travers sa structure malléable intégrant, dans un système commun (le réseau) les multiples fragments, indépendamment de leur fondement initial. Il redéfinit notre rapport au fragment et à lensemble en intégrant la rupture et la discontinuité comme paramètres actifs de lécriture, et remet ainsi en cause les formes traditionnelles de lécriture en reliant la pensée fragmentaire à un environnement global. Lhypertexte est le passage dune pensée structurelle articulée et figée en une pensée relationnelle. La lecture de lhypertexte permet également la combinaison de différents médias, il est capable de lier un passage textuel à des images, diagrammes, sons, animations . aussi aisément quà un autre texte. Il dénote un médium informatif qui lie des informations textuelles et non-textuelles, en formant des combinaisons hybrides de médias. Le passage du texte à lhypertexte désigne laliénation dun médium homogène en un médium hybride, fusionnant différentes formes de communication en un hypermedia. Il devient un support polysémique, dont la combinaison infinie des codes permet de développer de nouvelles formes dexpressions et de communication. Lhypertexte nous met face à la multiplicité du langage, la differance, il est devenu le vecteur dinnovation des médias hybrides dans leurs renouvellements en modes de communication plus performants.(musiques navigables, liquid architecture, animated text ). " Plus que tout autre chose, larchitecture liquide est une ouverture à la discontinuité, une fonction de temps interactive qui jette un pont entre le concept et sa manifestation" [Marcos Novak 1995] Dans le projet Liquid axis, différents systèmes spatiaux identifiables sont superposés à lespace déjà fragmenté de laxe. La structure existante de laxe Aristotelous est composée de plaques indépendantes combinant divers contrastes. Lobjet est dexploiter cette condition, en accentuant la spécificité des différents fragments, et de lextrapoler en y superposant une série de systèmes autonomes, ayant chacun une logique propre- le XL-pleat, le S-pleat, les City plates. Mais comme dans un hypertexte ces différents systèmes superposés sont immergés dans un seul système continu. La superposition de ces différents systèmes autonomes et leur immersion dans la masse urbaine crée un nouveau réseau de circuits hyperactivés. Ce système donne aux fragments une nouvelle signification, ils opèrent dune part comme entités indépendantes- City plates, mais sont à la base même du système global circuit. Le projet transpose le concept de continuité hybride (white noise) au niveau de la production de lespace urbain en combinant différents éléments actifs ; lumière, écrans, sons, événements, information digitale, Le projet propose ainsi une stratégie de confrontation entre les différents éléments contextuels- city plates, traces historiques- et des systèmes génériques, diffusés par différents supports dinformation- écrans, bornes, " Il y a une acceptation de plus en plus grandes envers le contradictoire, le fragmentaire superposé et du conflictuel. De telles qualités hybrides sont décisives pour activer de tels potentiels hétérogènes, lobjet est de tisser ces qualités dans des matériaux pliables, malléables et adaptables : tisser dans le sens détendre, de sorte à obtenir une multitude de continuités. Dans le réseau rhizomatique, la texture génère du potentiel supplémentaire pour laction en restant à la fois pliable et malléable, tel une chaîne déléments simples, en opposition à un réseau fait de liens fixes (smoothed heterogeneity). " [Knowbotic Research 1998] Laccentuation des contrastes existants du contexte générant des systèmes adaptatifs, local qui sont confrontés à des systèmes globaux, génériques. La ville est conçue comme un système relationnel entre différentes entités urbaines, transposant lurbain en une situation translocale en combinant local et global, fixe et éphémère.
Les formes classiques du langage sont devenues inefficaces, face à la complexité linguistique, les ruptures iconographiques, idéologiques, spatiales, temporelles, et pour comprendre lhypertexte dans son intégrité et dans sa relation avec le lecteur. Par conséquent lhypertexte ne peut plus être défini comme un tout cohérent, mais comme une condition particulière dans laquelle la projection immédiate dun contexte à un autre transforme le texte en un environnement instable fait de fragments interconnectés. La lecture de lhypertexte devient une forme interactive entre un environnement et le lecteur qui négocie en permanence la trajectoire de son parcours. Il emprunte des configurations potentielles, dont certaines ont été planifiées par lauteur, tandis que dautres sont le produit de son implication, activant les liens qui lui sont proposés. Par conséquent, lhypertexte ne prend son sens que dans la mesure ou le lecteur entre en interaction avec lui. Cest à travers le lien, élément interactif de lhypertexte, quil peut effectuer des dérives qui sont de style métaphorique ou métonymique et non pas de style purement logique ou causal. Lhypertexte, dans sa structure flexible, implique le déplacement du lecteur, qui devient le paramètre décisif de sa formation comme collaborateur de lensemble et transforme le texte dune forme stable en une forme dynamique en constitution permanente. De lorganisation individuelle de la lecture à travers des donnés existantes, résulte la formation dune structure déconstruite, permettant une infinité de manipulation. En intégrant dans les combinaisons de textes le facteur interprétatif et associatif du lecteur, lhypertexte exploite son potentiel constructif et subjectif. Lexplosion combinatoire des parcours potentiels le confronte constamment à sa propre création et à son comportement affectif. La lecture dun hypertexte suscite un nouveau comportement basé sur le déplacement actif du lecteur (browsing /surfing), comportement comparable à lapproche situationniste de lespace. " Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique de passage hâtif à travers des ambiances variées. Le concept de dérive est indissolublement lié à la reconnaissance deffets de nature psychogéographique, et à laffirmation dun comportement ludique constructif, ce qui loppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade. " [Guy Debord 1956] Lhypertexte réactualise le concept de dérive des situationnistes. La dérive urbaine et lhypertexte transposé à lurbain ont en commun un état de stimulation induit par le déplacement à travers des fragments ; la rupture devenant un élément constitutif et productif de lurbain. Par conséquent, lintérêt porté à lapproche psychogéographique est fondé sur la vision dun ensemble qui nest plus perçu comme un élément externe et statique, mais comme un environnement qui peut être expérimenté et vécu. Lespace urbain nest plus déterminé par sa fonctionnalité et sa cohérence spatiale, mais il est décrit comme une matrice fragmentée, de plaque hétérogène, générant des ambiances multiples. La ville se caractérise à travers des atmosphères, et soppose radicalement à lapproche fonctionnaliste, en décrivant un environnement par rapport à son potentiel de stimulation. Déplacement et ambiances deviennent des paramètres déterminants dans la perception de lenvironnement urbain. Cette situation transpose lacteur urbain dun rôle passif et muet à un rôle actif, impliqué dans la formation dun environnement auquel il est intégré et quil peut directement influencer. Dans le cas du projet urbain, les différents systèmes fragmentaires sont combinés et liés tout en restant identifiables, ils donnent la possibilité de créer, à travers les possibles parcours, un scénario tel un lecteur dans un hypertexte. La ville sorganise suivant le tracé de parcours individuels et collectifs de lerrance, créant des réseaux dunités interconnectées. Cette conception de lurbain, débouche sur un espace à décrypter et à découvrir par expérience directe. Cet espace nimpose plus une organisation temporelle ou spatiale, mais est généré par des ambiances dynamiques, créées par linteractivité des personnes influençant directement lenvironnement. La rupture et le déplacement deviennent des éléments déterminants pour réussir à concevoir lurbain comme une masse hétérogène. La superposition déléments continus (S-pleat) connectant les différentes entités, à des éléments indépendants (city plates) générateurs dactivités, introduit les notions de déplacement et de rupture. Le travail sur les plaques urbaines dune part, exacerbe le contexte en créant des ambiances spécifiques et dautre part, provoque des interférences en lui opposant différents systèmes médiatiques. La combinaison des différents systèmes et leur interférence transforme laxe en une situation instable. En se déplaçant, lacteur est confronté à lenchaînement brusque dambiances (dun parc destiné aux fouilles archéologiques à un écran géant ).
" Il faudrait reconstituer le système général de pensée que le réseau rend, une interaction simultanée et apparemment contradictoire entre des opinions possibles. " [George P.Landow 1992] Lhypertexte est un modèle interactif en reconfiguration permanente incluant autant un contexte physique spécifique quun environnement global et digital. Cette structure ouverte est acquise grâce à lorganisation libre de fragments décontextualisés et dématérialisés offrant au lecteur un parcours fluide et instantané à travers les possibles textes. Laccès instantané à linformation forme une lecture ininterrompue à travers les fragments délocalisés et renforce le fait dassister à une expérience en direct. Limplication directe dans la structure spatiale et temporelle du texte la transforme dune condition figée en une texture flexible. Le libre enchaînement des fragments renforce le caractère de la lecture comme une expérience unique, plaçant le lecteur comme élément direct participant au déroulement du texte dans lequel il peut zapper, rappeler linformation, la relire, avancer. Limplication du potentiel associatif, ludique et subjectif dans lorganisation de linformation déconstruit tout forme structurelle figée. Le lecteur traverse les différents fragments de textes dune manière imprévisible, connectant des fragments disontinus, mais incorporés dans une continuité temporelle. Lenchaînement des fragments échappe au contrôle de lauteur. La figure de lhypertexte est dynamique offrant une confrontation permanente entre la figure et le fond ou les fragments et lensemble. Elle passe de la syntaxe, comme structure articulée, à un système fluide, qui introduit différentes relations entre des fragments. Ces variations dans les relations engendre lapparition de laccident, limprévisible, linattendu . comme paramètres déterminants de lhypertexte, capable dintégrer lévénement dans sa forme interactive. Par conséquent le passage du texte à lhypertexte est la transformation dune écriture séquentielle dune structure articulée en une écriture événementielle. Le texte devient un jeu établissant des paramètres stables et instables entre ordre et désordre, il est devenu un in between. Avec lévolution des technologies, on assiste à une implosion de lespace en faveur du temps, qui dans le cas de lhypertexte devient un paramètre déterminant. La dématérialisation de linformation intègre activement lespace et le temps, devenus des variables transmissibles dans lhypertexte, comme forme de lecture instantanée et dynamique. Dépourvu de structure fixe, et en constitution permanente lhypertexte est un médium instable basé sur la condition de " dévénements malléables ". " pour que nos expériences deviennent des expériences dévénements organisés et provenant de stratégies en architecture. La stratégie est un mot clé en architecture aujourdhui. Plus de masterplans, plus de localisation en un lieu fixe, mais des hétérotopies. Cest ce que nos villes doivent sefforcer de faire et ce que les architectes doivent les aider à accomplir en intensifiant les collisions riches entre le temps et lespace " [Bernard Tschumi 1994] La ville devient un système ouvert, devant être reformulé en permanence. Lespace urbain est considéré comme une condition temporelle et non pas comme une situation fixe. Son ouverture structurelle la transforme en environnement urbain malléable, permettant le changement permanent et lévolution de ses différents composants. Dans le projet " liquid axis " les différentes entités sont traitées comme des fragments enfilés, jouant sur la rupture, le choc, lévénement. Ils sont déterminés comme des supports dactivités (City plates) et des installations éphémères (S-pleat) (programmatic layering). La création et la suite dambiances transforment laxe dune organisation linéaire séquentielle en une texture événementielle (urban scenario). Les différents systèmes fragmentés prennent des formes qui ne correspondent pas à des fonctions déterminées, mais qui génèrent et sont générées par des ambiances particulières capables de stimuler des activités. Laxe est devenu un champ dactivités mettant en tension le contexte spécifique et le contexte global en exploitant les interférences engendrées par leur confrontation. La dominante devient processus, et la ville avec sa structure fixe est confrontée à des modèles dynamiques - systèmes. |
|